Michel LEMAIRE

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le 22 février 2026


Monsieur le Président de la République

Palais de l’Elysée

55 rue du Faubourg-Saint-Honoré

75008 Paris


Objet : réflexion personnelle sur votre visite au SIA

 

Monsieur le Président,


Comme l’a chanté le poète : Je vous écris une lettre que vous lirez peut-être… 


Vous avez honoré de votre présence le 62e Salon international de l’agriculture ce samedi 22 février 2025 avec votre déambulation de quelque 12 heures. Comme vous, je suis fier de ce monde paysan qui fait partie de mes racines familiales, comme pour tant de Français. Chaque jour, j’essaie d’honorer ces hommes et ces femmes qui produisent notre alimentation et contribuent ainsi à préserver notre souveraineté alimentaire, mais pas que…


J’ai bien noté que vous avez évoqué le besoin de préserver la biodiversité dans nos prairies – un sujet essentiel, surtout dans le contexte des tensions actuelles avec l’Office français de la biodiversité.


Pourtant, au-delà des discours, les piliers de nos difficultés actuelles dessinent la vision d’un cataclysme multi-factoriel qui menace notre société. Si certains vous tiennent pour responsable de beaucoup de nos maux sociétaux, je préfère dire que ces crises puisent leurs racines plus profondément, et bien sur dans nos choix collectifs. Le climat social actuel nous oblige à relire notre histoire agricole, qui reste une force immense pour notre France.


Entre la PAC, les clauses miroirs, le Mercosur, de vaccins obligatoires et tant d’autres dossiers, votre gouvernement déploie des visions qu’il présente comme porteuses d’avenir pour notre paysannerie et notre alimentation. Mais un volet majeur manque à mes yeux, celui qui interpelle le « petit citoyen lambda » que je suis : la santé et le bien-être de chacun d’entre nous.


Notre société moderne accorde une grande place à l’économie, mais à quel prix pour nos organismes ? De plus en plus de Français découvrent dans leur propre chair, directement ou via leurs proches, les effets délétères des produits chimiques : perturbateurs endocriniens, résidus de pesticides et autres substances qui dérèglent le fonctionnement biologique du monde du Vivant, qu’il soit humain, animal ou végétal. N’oublions pas à ce nivaux l’effet cocktail de tous ces produits.


Notre responsabilité civique est sanitaire, sociale et économique à la fois. Elle nous impose une vision globale. Il n’est plus acceptable de parler de santé publique en faisant abstraction du rôle de l’industrie chimique dans nos pratiques agricoles et alimentaires/industrielles. Garantir une bonne santé durable passe par une transformation profonde de nos modes de production et de consommation.

La pensée narcissique qui gouverne trop souvent nos sociétés modernes, valorisant des discours flatteurs et des innovations brillantes sans toujours en mesurer les impacts réels à long terme, nous éloigne d’une réflexion constructive sur l’avenir.


Vous avez mentionné l’intelligence artificielle comme un progrès significatif pour l’agriculture. Mais on oublie trop souvent ses coûts directs et indirects : consommation énergétique colossale, pollution électromagnétique certaines sur le Vivant, et dépendance accrue à des technologies dont les effets cumulatifs sur les écosystèmes et la santé restent très mal évalués.


Permettez-moi, Monsieur le Président, en tant que retraité et simple citoyen, de vous faire une proposition modeste mais essentielle. Les enjeux sont si grands, pour notre avenir personnel et collectif, qu’il est urgent d’admettre que notre modèle agricole et agro-alimentaire met en danger notre santé globale.


La France a une place singulière dans l’histoire du monde ; c’est pourquoi il est crucial de faire un bilan sérieux de notre agriculture et de notre garantie et sécurité alimentaire. Nos terres européennes souffrent terriblement des pluies incessantes, des tempêtes répétées et des dérèglements climatiques que nos activités humaines ont amplifiés.


Ne nous laissons pas abuser par des collusions d’intérêts qui minent nos institutions. Il est temps de revenir à des réflexions saines, constructives et indépendantes.


Je vous propose donc d’envisager une autre vision pour nos vies actuelles et futures. La société moderne ne peut ignorer les avancées scientifiques récentes. Parmi elles, l’intégration des connaissances en Psycho-Neuro-Endocrino-Immunologie (PNEI) me paraît essentielle. Une science qui découle du prix Nobel  de médecine de 1977 : Roger GUILLEMIN né à DIJON en 1924… 


La PNEI étudie comment le psychisme, le système nerveux, les hormones et le système immunitaire s’influencent mutuellement. Appliquée à l’alimentation et à l’agriculture, elle montre que le stress chronique (économique pour les agriculteurs, environnemental pour tous, etc…etc…), les perturbateurs endocriniens issus des intrants chimiques, et une alimentation ultra-transformée créent un cercle vicieux : inflammation de bas grade, dérèglements hormonaux, affaiblissement immunitaire, troubles de l’humeur et maladies chroniques en hausse. Nous mesurons le coût de ces dérèglements biologiques tous les jours dans nos économies hospitalières. 


Le narratif officiel semble parfois figé dans des solutions d’un autre temps, oubliant ces interactions globales. Permettez-moi, cher Président, cette réflexion : votre intervention au SIA m’a semblé, sur ce point, dépassée au regard des connaissances actuelles.


Intégrer la PNEI dans les politiques publiques agricoles et agroalimentaires, c’est accepter de remettre en question le modèle dominant : sortir progressivement des dépendances chimiques massives, favoriser des pratiques régénératives qui respectent les équilibres du vivant, soutenir une alimentation de qualité accessible à tous, et replacer la santé humaine (et non seulement la production brute) au centre des décisions.


Monsieur le Président, des milliers de citoyens Lambda comme moi (agriculteurs ,retraités, parents, consommateurs, etc..) attendent que la France prenne le leadership d’une agriculture courageuse et lucide, pour nourrir vraiment, en quantité, en qualité et sans abîmer ceux qui mangent et ceux qui produisent. Notre souveraineté alimentaire ne doit pas se mesurer seulement en tonnes produites, mais en qualité nutritionnelle et en impacts sanitaires positifs. 


L’économie n’est pas tout mais fait partie du Tout. Vous avez la possibilité historique de faire de la France le pays qui prouve qu’il est possible de nourrir le monde sans l’empoisonner, de faire vivre dignement ceux qui produisent sans sacrifier ceux qui consomment.


Dans l’histoire, nous avons eu à nous tromper de voix. Je veux citer ici Pasteur qui proposa ses théories principalement vaccinales qui s’opposait à celles de Béchamp.  Aujourd’hui, la science dure nous offre à relire ces certitudes et donc à remettre en question les fondamentaux de notre société. 


Nous revivons sans cesse l’histoire, la France se retrouve à ce carrefour si important de l’avenir de notre monde. Sachons ensemble nous offrir cette remise en cause dans un esprit critique salvateur pour ce monde agricole perturbé par des effets de manche de certains acteurs politiques. La PNEI nous offre cette opportunité ! …    


C’est dans cet espoir et avec la conviction que notre pays a les talents, les savoirs et le courage nécessaires, que je vous adresse ces lignes modestes de Citoyen Lambda engagé. Dans cet espoir, je me mets à la disposition de vos services, si vous en sentez le besoin. 


Dans l’espoir que ces lignes puissent contribuer, même modestement, à ouvrir un débat plus profond. 


Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations respectueuses et citoyennes.



Michel  LEMAIRE