Je cherche ici un ancrage dans les valeurs de la PNEI qui sont pour moi l’empathie, la nuance, la régulation émotionnelle et sa réparation hormonale, il est question de fraternité universelle. Je cherche à inviter aussi plus explicitement au dialogue, ce qui correspond bien à l’esprit des réflexions que je voudrais susciter autour de mon action.
J‘ose parler ici de parentalité neuro-éducative, de neurosciences affectives et même d’éducation bienveillante, tout en gardant l’esprit critique sans tomber dans un ton moralisateur excessif, en restant facilement accessible et quelqu peu personnel.
Depuis quelques mois, je partage dans mes écrits et dans mes posts ici et là de petites réflexions brutes et spontanées. Mon idée n’est pas d’imposer une vérité, mais c'est seulement pour ouvrir des questionnements, et même me frotter à d’autres regards que le mien, jusqu’à m’entraîner à penser contre moi-même.
C’est aussi une manière de toucher au cœur ce que j’essaye de cultiver en suivant les concepts et les fondements de la PNEI : la capacité à tenir la nuance, à accueillir l’autre dans sa complexité, à dialoguer plutôt qu’à condamner. Bref à construire autrement un « vivre-ensemble » créateur de lien social durable, serein et fraternel !…
Les réseaux sociaux comme une bonne partie des médias traditionnels nous enferment dans une version caricaturale et ultra-clivée du monde… et réussissent à nous faire croire que nous partageons toutes et tous une même réalité. Ensemble, ils amplifient à l’extrême des postures minoritaires et grâce aux bulles de filtre avec les algorithmes qui adorent la polémique, ces voix extrêmes semblent soudain représenter tout le monde.
On finit par avoir l’impression que la société est coupée en deux camps irréconciliables, prêts à s’entretuer symboliquement à chaque publication.
C’est exactement l’inverse de ce que je cherche à travailler patiemment avec vous :
- réguler ses émotions avant de répondre en contrôlant l’amygdale,
- chercher à comprendre l’intention derrière les mots,
- tolérer le désaccord sans basculer dans la rupture relationnelle,
- réparer plutôt que rejeter en ayant conscience du jeu hormonal qui nous gouverne
- Cultiver l’empathie cognitive et affective pour que nos neurones miroirs puissent nous aider à nous connecter plutôt qu’à nous opposer
Or l’ADN des réseaux modernes est presque antinomique avec tout ça : leurs capacité à vivre la vitesse, le premier degré, l' effet de surprise, l'outrance systèmique, le like/dislike ou encore le scroll à infini, nous enferme dans des travers cognitifs destructeurs…
La véritable communication, celle qui prend du temps, qui tolère le malaise, qui accepte de ne pas avoir raison tout de suite, n’a pas le temps d’exister dans un sms de 280 signes et surtout pas dans un média qui utilise de gros titres choc pour mieux vendre.
Du coup, en tombant dans leur piège, certains s’enferment et durcissent leurs positions. Ils deviennent plus extrêmes, plus méfiants, plus belliqueux… exactement ce que l’on cherche à éviter quand on comprend la science qu’est la PNEI qui nous permet de comprendre ce qu’est la maturité émotionnelle de l’homo sapiens basée sur un jeu d’hormones complexe.
Notre ADN d’homo sapiens n’a pas été protégé contre l’évolution technologique moderne. Il n’a pas été préparer à se protéger des écrans et ses stimulations permanentes ! Nos systèmes émotionnels anciens (cerveau lymbique) réagissent comme à une menace constante… sans les rituels apaisants du corps-à-corps, du regard, du silence partagé ! …
Alors, de temps en temps, levons vraiment le nez de l’écran !....
Dans la vraie vie, celle des regards, des silences, des maladresses pardonnées, des cafés qui durent trois heures, nos hormones s’expriment librement. Grâce à l’ocytocine, la sérotonine, la dopamine, et toutes les autres, des liens authentiques se créent.
Bref ce sont nos hormones qui s’expriment à tout instant dans le silence complice de nos fibres musculaire…
Et c’est là que l’on peut encore :
- dialoguer sans chercher à écraser,
- faire évoluer ses convictions sans honte de changer d’avis,
- réparer les blessures relationnelles,
- se souvenir qu’on porte tous, quelque part au fond, ce mot magnifique de fraternité dans notre devise… et qu’il n’était pas là que pour faire joli.
Et si on essayait, ici même, de pratiquer un peu tout ça ?
Je vous invite vraiment à me dire, en commentaire ou en message privé :
- Comment vivez-vous ce décalage entre le monde hyper-polarisé des réseaux et la réalité plus nuancée que vous essayez de transmettre à vos enfants / à votre entourage ?
- Qu’est-ce qui vous aide, concrètement, à rester dans la nuance et la réparation quand la tentation de la réaction rapide est forte ?
- Ou simplement : qu’est-ce que ce texte réveille chez vous ?
Je vous lis avec beaucoup d’attention et de bienveillance (promis, sans like ni dislike, juste de l’écoute).
PS : quand je parle de nuance ou de « tous un peu raison », cela s’arrête net aux portes des discours haineux, violents ou qui légitiment la destruction de l’autre. La bienveillance n’est pas de la complaisance ; l’empathie n’empêche pas la fermeté éthique.
Qu’en pensez-vous ? Je suis curieux de vos retours et par avance je vous en remercie
Michel Lemaire .
